Cuir et matières
Reconnaître et évaluer le cuir véritable.
Une photo ne reflète pas la couleur et la brillance, mais pas la réalité. Voici ce que vous pouvez évaluer vous-même et ce que Johnny examine.
Pour le cuir vintage, Johnny évalue notamment la matière, l’usure, les coutures, la doublure et les accessoires métalliques. Ce guide explique ce qu’il recherche lors d’une première évaluation. Vous souhaitez faire identifier une pièce ? Découvrez comment cela fonctionne ↗Des questions sur l’entretien ? Entretien des vêtements en cuir ↗.
Cuir véritable ou simili cuir ?
Le cuir véritable provient de la peau d’un animal et est composé de fibres qui se modifient avec le temps et l’usage. Le simili cuir, le PU et les tissus enduits peuvent s’en approcher visuellement : brillance, grain et même une odeur similaire.
En pratique, ce ne sont pas un détail isolé, mais une combinaison d’éléments qui sont les plus utiles. Une veste en similicuir présente souvent un grain régulier et quasi uniforme sur toute sa surface, tandis que le cuir véritable varie d’un centimètre à l’autre. Avec le PU, l’intérieur ressemble souvent à du textile ou de la mousse plutôt qu’à du cuir véritable. Des coutures traversant tout le vêtement indiquent qu’il est doublé ou composé de plusieurs couches ; avec du cuir véritable épais, l’aiguille ne traverse pas cette couche.
Pourtant, aucun indice ne permet de trancher. Un vêtement vintage ancien et bien entretenu peut paraître étonnamment authentique, et un similicuir soigné peut ressembler trait pour trait à du cuir véritable. C’est pourquoi les conseils de Your Johnny sur les matières ne sont jamais basés sur une seule photo.
Le vieux cuir n’est pas forcément un mauvais cuir.
Une veste en cuir de vingt ans avec une belle patine est souvent préférable à une pièce neuve de qualité médiocre. L’usure n’est pas un défaut : la patine, le noircissement des coutures et les plis souples témoignent du vécu et de l’entretien du cuir.
Défauts avérés : déchirures traversant le tissu, zones dures ou collantes, coutures effilochées ou qui se défont, doublure ou envers détérioré, et ferrures bloquées ou vissées de travers. Ces défauts indiquent qu’il faut renoncer à l’achat, même si l’article paraît par ailleurs magnifique.
Critères de Johnny pour le cuir d’occasion
La surface
Souple ou sèche ? Un article bien entretenu est souple et présente une belle épaisseur de cuir. Un article rigide qui grince au moindre mouvement a probablement été stocké dans des conditions de température ou de sécheresse trop élevées pendant une période prolongée.
Les coutures
Vérifiez la tension des coutures. Des coutures lâches, cassées ou présentant des amas de points épais indiquent une usure ou une réparation antérieure. Une couture lâche et régulière témoigne généralement d’un travail soigné.
La doublure et le bas
Pour les manteaux anciens, la doublure est souvent plus révélatrice de leur état que le tissu extérieur. Si elle est déchirée aux aisselles ou à l’ourlet, ou si elle est fragile et transparente, c’est souvent à cet endroit que le vêtement finira par se détacher.
Fermetures éclair et accessoires métalliques
Une fermeture éclair qui ne coulisse plus correctement, une boucle qui vacille ou un anneau usé rendent le vêtement plus difficile à utiliser. Sur les pièces vintage en bon état, ces éléments sont souvent encore présents, et c’est un bon signe.
Zones d’usure
Examinez les zones les plus sollicitées : les coudes, l’assise, les genoux, les avant-bras, ainsi que les bords des poches et des poignets. Une légère décoloration irrégulière à ces endroits est normale. En revanche, des coutures ouvertes ou un tissu plus fin et glissant ne le sont pas.
Déshydratation
Des craquelures, une surface terne et des plis marqués sont caractéristiques du cuir déshydraté. Il est souvent possible d’y remédier, mais cela demande du temps et un produit adapté. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il ne faut pas se contenter de comparer les prix.
Différents types de cuir
Ce qui suit n’est pas un classement par qualité, mais une description des types de cuir que l’on rencontre en pratique.
- Cuir de vachette C’est le cuir le plus courant pour les vestes et les pantalons. Généralement plus épais et avec un grain distinct, il présente souvent un envers visible qui est chaud au toucher.
- Cuir d’agneau Il est plus léger et plus souple, avec un grain plus fin. Il est souvent choisi pour les vestes et les moufles où la liberté de mouvement est importante.
- Cuir de chèvre Il est plus fin et plus souple, souvent avec une texture grainée caractéristique. Il est largement utilisé pour les gants et les petits détails.
- Daim et nubuck Il ne s’agit pas d’une catégorie de durabilité distincte, mais d’une finition : la surface est poncée et donc sensible à l’eau, aux taches et aux frottements. Voir aussi la page Entretien.
Ce qui influence le plus le confort d’un vêtement, ce n’est pas son nom sur l’étiquette, mais son épaisseur, sa finition et son adéquation à votre morphologie et à l’usage que vous en faites.
Que peut-on et que ne peut-on pas juger sur une photo ?
On peut : la couleur et la nuance, l’état général, la présence de déchirures ou de taches, la forme du vêtement, la présence de coutures et d’accessoires métalliques, et, sur une photo de détail, une grande partie du grain.
On ne peut pas : juger la matière elle-même, l’épaisseur du cuir, la qualité de la doublure intérieure, ni le confort du vêtement. On ne peut pas non plus juger de l’odeur ni de la souplesse du cuir sur une photo.
Une photo est donc un bon point de départ pour la discussion, mais pas une preuve. Pour être sûr de votre achat, il est indispensable de voir et de toucher l’article.
Dans quelles circonstances Johnny laisse-t-il un article en vente ?
Afin d’éviter de perdre de l’argent sur un article qui ne convient pas, Johnny le laisse en l’état, par exemple : déchirures, zones dures ou collantes, doublure ou fond abîmé, quincaillerie usée ou vissée sur un article censé être utilisé avec cette quincaillerie, ou article dont l’état ne peut être clairement évalué.
C’est une raison de ne pas insister, même si le prix semble attractif. Un prix correct ne compense pas un article défectueux.